Bonne Année 2008 : Un Point sur le Darfour
RAPPEL DES FAITS
Depuis 2003, on estime que les combats au Darfour ont entraîné la mort de plus de 90 000 personnes. Quelque 200 000 autres seraient décédées des suites indirectes du conflit et 2,3 millions sont déplacées.
La plupart des personnes chassées vivent dans plus de 65 camps répartis dans tout le Darfour.
La situation s’est détériorée en 2007. Le gouvernement soudanais continue de mener des attaques au mépris total des civils et au lieu de désarmer les milices janjawids, il leur distribue davantage d'armes et les incorpore dans des organisations paramilitaires.
Quant aux groupes d'oppositions armés, ils se sont fragmentés après les pourparlers de paix de 2006 et on estime aujourd'hui qu'il en existe plus de 50.
De plus, le Darfour est fortement touché par la prolifération des armes légères. On en trouve à profusion dans presque tous les camps, et les jeunes deviennent la principale cible de recrutement pour des groupes armés d'opposition.
LES DANGERS ENCOURUS PAR LES PERSONNES DEPLACEES
Dans de nombreuses régions du Darfour, il est très difficile de circuler sur les routes qui sont contrôlées par les différents acteurs armés. Ils installent des postes de contrôle où ils attaquent et extorquent souvent de l'argent aux voyageurs. L’aide humanitaire a ainsi des difficultés à accéder aux différents endroits où les personnes déplacées ont trouvé refuge.
Dans les camps, les femmes sont plus nombreuses que les hommes qui ont généralement été tués ou sont partis. Ce sont elles qui maintiennent la cohésion familiale mais elles sont aussi plus vulnérables. Lorsque les femmes s’aventurent à l'extérieur des camps pour aller ramasser du bois ou se rendre au marché, elles sont souvent victimes d’attaques et de viols par les différents acteurs armés.
Les enfants vivent une situation tout aussi précaire. Sur les quatre millions de personnes touchées par le conflit, 1,8 million ont moins de dix-huit ans et environ un million sont déplacés. Il arrive que les jeunes forment des groupes d’autodéfense armés ce qui entraînent de nombreux incidents entre les différentes ethnies. Certains, en proie à la colère et à la frustration, rejoignent les groupes armés.
Les personnes déplacées sont aussi confrontées aux réinstallations et retours forcés. Même s’il est important de veiller à empêcher la surpopulation des camps, les autorités ne doivent en aucune circonstance transférer par la force les personnes qui y vivent pour les renvoyer dans leur lieu d’origine.
Le conflit continue de sévir au Darfour. Les retours forcés ne feront qu’exposer les personnes visées à de nouveaux dangers et à les éloigner des organisations humanitaires.
www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/actions_en_cours/soudan_darfour/actions_soudan_darfour/les_deplaces_du_darfour_la_generation_de_la_colere
Amnesty international
Avis personnel
Dans nos sociétés modernes où l'information chasse l'information à vitesse grand V, je crois qu'il est vital d'affirmer son engagement dans le temps et de ne pas oublier les causes pour lesquelles on s'est mobilisé en 2007. Alors n'oublions pas les déplacés du Darfour, victimes une nouvelle fois de l'oubli de la communauté internationale plus soucieuse des effets d'annonces tonitruants que du suivi des résultats concrets sur le terrain ou de la révolution des moines en Birmanie tombée aux oubliettes et l'abandon à son triste sort du Prix Nobel de la Paix 1991 Aung San Suu Kyi assignée à résidence depuis de bien trop longues années.
Je pourrais aussi vous parler du Tibet où devrais je dire du peuple Tibétain, victime de longue date de la REAL POLITIC des Pays Occidentaux plus soucieux des intérêts économiques et commerciaux que du développement des droits humains en Chine. Et là je ne vous parle pas du combat non-violent du Dalai Lama (Prix Nobel de la Paix 1989) pour la reconnaissance de l'identité culturelle Tibétaine victime de longue date de la communauté internationale plus soucieuse de ne pas froiser le mastodon Chinois exception faite de la courageuse chancelière Allemande Angela Merckel qui eut le courage de le recevoir le 23-09-2007 à Berlin.
Cette liste non exhaustive des conlits oubliés, des prisonniers politiques, des journalistes emprisonnés ou tués et tant d'autres maux et viscitudes qui frappent notre monde ne doivent pas nous faire oublier que les choses peuvent changer à condition de mettre l'homme et les droits humains universels au centre de tous les enjeux et non de la recherche systématique du profit.
Guillaume SERVOS