N'oublions pas la Birmanie, Non à l'indifférence, Mobilisons nous chacun à notre échelle
Des informations en provenance du Myanmar (ex-Birmanie) ont fait état d’arrestations massives dans la nuit de mardi. Mercredi, l’armée a averti publiquement qu’il fallait s’attendre à d’autres arrestations. Des camions militaires équipés de haut-parleurs ont patrouillé dans Rangoun en diffusant le message: «Nous avons des photos. Nous allons procéder à des arrestations!»
Ces menaces et la présence persistante de l’armée ont créé un climat de peur. Dans le même temps, certaines personnes interpellées lors des arrestations de la semaine passée auraient été libérées, notamment des journalistes, des moines et des religieuses.
Les très nombreuses informations faisant état d’homicides, de disparitions et d’arrestations brutales à Rangoun sont extrêmement préoccupantes pour la population du Myanmar et pour ceux qui assistent à la crise.
Il est toujours très difficile de confirmer qui a été arrêté, où ces personnes sont détenues, pour quelles raisons et dans quelles circonstances. Cette incertitude est liée en partie aux restrictions imposées à l’usage d’Internet et du téléphone.
Les forces de sécurité ont intensifié les mesures visant à juguler la diffusion massive, notamment sur les blogs, d’images et d’informations sur la répression. L’accès à Internet reste limité et certaines lignes téléphoniques, y compris celles de diplomates, auraient été coupées. À Rangoun, les forces gouvernementales, à la recherche d’appareils photo et de téléphones portables, auraient commencé à procéder à des fouilles aléatoires et à des arrestations.
Au cours de la semaine écoulée, elles ont mené des opérations contre des monastères et attaqué des manifestants pacifiques, tirant à balles réelles et utilisant matraques et gaz lacrymogène.
Les autorités ont fait état de 10 morts, au nombre desquels figure le vidéoreporter japonais Kenji Nagai, tué lorsque des soldats ont ouvert le feu sur un groupe de manifestants qui scandaient des slogans. On craint cependant que le nombre de tués ne soit en réalité beaucoup plus élevé.
Amnesty International estime qu’au moins 1 000 personnes, des moines pour la plupart, ont été arrêtées rien qu’à Rangoun. D’autres arrestations se seraient déroulées dans d’autres villes à travers tout le pays. Ces chiffres sont à ajouter aux 150 arrestations au moins qui avaient déjà eu lieu en août au tout début des protestations. De nombreux cadres du principal parti d’opposition, la National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie), et d’autres militants figurent parmi les personnes arrêtées.
Amnesty International a condamné le recours à la violence contre les manifestants pacifiques et est très préoccupée par la sécurité de toutes les personnes détenues dans le pays. L’organisation a demandé aux autorités de veiller à ce que les détenus ne soient pas torturés ni maltraités.
Elle a également appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à imposer immédiatement un embargo total sur les armes à destination du Myanmar.
«Il faut envoyer d'urgence un message clair aux dirigeants militaires du Myanmar: leur répression brutale contre les manifestants pacifiques ne sera tolérée ou entretenue par aucun membre de la communauté internationale», a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International.
Les communications en direction et à partir du Myanmar étant très perturbées, il est difficile de suivre l’évolution de la situation en matière de droits humains dans le pays. Dans ce contexte, il est d’autant plus crucial que la communauté internationale exprime son indignation pour faire comprendre aux autorités du Myanmar que le monde a toujours les yeux braqués sur elles.
Le gouvernement du Myanmar a donné pour mission au vice-ministre du Travail, le général Aung Kyi, de se charger des contacts avec Aung San Suu Kyi.
Amnesty International continue de demander instamment que le rapporteur spécial de l'ONU, M. Sergio Pinheiro se rende dans le pays pour enquêter sur la situation.
Amnesty International salue la déclaration faite jeudi 11 octobre par le Conseil de sécurité, lequel«déplore vivement» l'utilisation de la violence contre des manifestations pacifiques au Myanmar. Le Conseil de sécurité insiste également sur l'importance d'une libération rapide de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes encore détenues.
«De toute évidence, nous aurions souhaité que le Conseil fasse entendre sa voix de manière beaucoup plu forte et appelle à la libération inconditionnelle de Aung San Suu Kyi et d'autres prisonniers d'opinion. Il est clair que ces libérations sont essentielles si l'on veut arriver à ce que des progrès soient réalisés en matière de «dialogue authentique» et de «réconciliation nationale» comme le veut le Conseil de sécurité. Le Conseil aurait dû également souligner la nécessité pour les personnes impliquées dans de graves violations des droits humains de rendre compte de leurs actes, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International.
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