Darfour

Vendredi 30 mars 2007

Signez la pétition sur http://www.sauverledarfour.org/appel.php

Mieux Comprendre :

La région du Darfour, au nord-ouest du Soudan, est ravagée, depuis février 2003, par un conflit économico-politique qui a provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes et un exode massif de réfugiés au Tchad. Cette catastrophe humanitaire, à propos de laquelle les Nations unies évoquent un « nettoyage ethnique », est souvent éclipsée par les fragiles pourparlers de paix entre le nord arabo-musulman et le sud chrétien et animiste, qui s'affrontent depuis 1983 sur fond de manne pétrolière. Au Darfour, où l'ONU a enfin pu envoyer une mission d'enquête le 22 avril 2004, les combats meurtriers rappellent que la paix au Soudan n'est pas seulement une question nord-sud mais une équation nationale.
Par Jean-Louis PeninouLa guerre qui ensanglante les trois Etats du Darfour, à l'ouest du Soudan, depuis février 2003, a provoqué l'une des plus graves catastrophes humanitaires de ce début de siècle : 110 000 réfugiés au Tchad, 700 000 déplacés à l'intérieur du pays, plus de 10 000 morts (1). Les témoins relatent tous les mêmes scènes de désolation et de pillage : attaques à l'aube, villages brûlés, routes coupées, troupeaux volés, districts interdits aux organisations humanitaires et aux étrangers. En quelques mois, les conflits tribaux qui rythment l'actualité du Darfour depuis vingt ans se sont transformés en une guerre civile meurtrière.

Le Darfour tire son nom de l'ethnie Four, peuple de paysans noirs qui habite le massif montagneux du djebel Marra, au centre du pays. Ce groupe dominait un royaume longtemps indépendant, incorporé au Soudan en 1916. La province est divisée en trois Etats – Darfour Nord, Sud et Ouest (2). La moitié nord est saharienne, parcourue par des nomades chameliers. Au centre et au sud, en dehors des zones de montagnes mieux arrosées, tribus pastorales et populations paysannes voisinent avec des heurts réguliers, particulièrement lorsque les pluies se font rares. Le Darfour compte de nombreuses tribus. Toutes sont musulmanes, mais l'arabe n'est la langue maternelle que d'une minorité. Les tribus « arabes », ou du moins appelées telles par leurs adversaires, sont généralement nomades, chamelières au nord, vachères au sud. Les tribus « africaines » sont parfois pastorales mais plus souvent paysannes. A Khartoum cependant, tous sont souvent considérés avec le même mépris.

La chronique du Darfour est celle de conflits entre éleveurs, à la recherche d'eau et de pâturages, et paysans protégeant leurs champs et leurs maigres biens. Dans ce pays chiche en ressources, totalement dénué d'équipements et laissé à l'abandon, l'explosion démographique (la province compte 6 millions d'habitants, deux fois plus qu'il y a vingt ans) a rendu plus violente la compétition pour l'eau et l'espace. La régulation traditionnelle des conflits, fondée sur le respect par les nomades d'itinéraires et de périodes précises de transhumance, a commencé à s'effondrer avec la grande sécheresse et la famine du milieu des années 1980. Depuis, le Darfour est en crise. Malgré la présence de responsables politiques originaires de la région dans les allées du pouvoir à Khartoum, la situation s'y détériore année après année.

Une guerre meurtrière avait opposé, en 1985-1988, les Fours aux tribus arabes lancées à l'assaut de leurs villages, sur fond d'allées et venues entre le Tchad et le Darfour, d'interventions de la Légion islamique libyenne et de jeux de pouvoir du parti Oumma de M. Sadeq El Mahdi. Elle avait pu sembler un moment de paroxysme, lié à la période de sécheresse. Avec le recul, elle apparaît comme une prémisse. Les Arabes rezeigats du Sud y avaient obtenu confirmation d'un « dar » (pays) à eux dans la région d'Ed Duein, mais l'impression de trêve, plutôt que de paix, prévalait lors de la « conférence de paix » en novembre 1989.

L'instauration d'un régime militaro-islamiste au Soudan, en 1989, ne régla pas le problème de l'insécurité. Au contraire, la bienveillance plus marquée des autorités envers les « tribus arabes » encouragea les plus belliqueuses d'entre elles. Plusieurs des leurs figuraient parmi les dignitaires du nouveau régime. Il y eut tout au long des années 1990 plusieurs guerres locales, le plus souvent ignorées à l'étranger : en 1990, entre Fours en faveur de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) du colonel John Garang et l'armée soutenue par les « Arabes » benis halbas (3). En 1996, dans le sud, entre Rezeigats et Zaghawas. En 1997-1999, dans l'Ouest, entre paysans masalits et arabes um julluls. Le plus souvent, l'initiative des hostilités revient aux tribus « arabes ». Pour désigner leurs milices se répand alors un vocable terrifiant, Janjawid, mot composé qui signifie approximativement « les cavaliers du diable, armés de kalachnikovs ». Car si, autrefois, on chargeait avec des lances et des épées, on attaque, depuis les années 1980, avec des fusils d'assaut.

Depuis 2001, les incidents impunis (attaques de villages, razzias et vols de troupeaux) se sont multipliés, notamment entre Nyala et El Geneina, éprouvant particulièrement les communautés masalits et fours. Le caractère systématique et massif des assauts convainquit les victimes qu'une tentative coordonnée de « nettoyage ethnique » était à l'œuvre. Dans le Darfour du Nord plusieurs incidents graves réanimaient, au même moment, la tension entre Zaghawas et Arabes ereghats ou rezeigats.

Le 25 février 2003, un Front de libération du Darfour (FLD), présidé par l'avocat Abdel Wahid Mohamed Nur, déclenche l'insurrection dans le djebel Marra. La rébellion unit cette fois la quasi-totalité des tribus « africaines » du Darfour. Fondé un peu plus d'un an auparavant, le FLD s'appuie sur les milices d'autodéfense villageoises fours. Pour signifier son élargissement aux autres tribus africaines, notamment aux Masalits, aux Zaghawas et aux Bertis, il prend, en mars 2003, l'appellation d'Armée de libération du Soudan (ALS).

L'affaire a été bien préparée. L'ALS lance à l'assaut des postes de police et des garnisons de l'armée des raids de Toyota équipées de mitrailleurs Dushka, garnies de combattants munis de lance-roquettes RPG, de mortiers et de kalachnikovs. Les chefs utilisent des téléphones satellites. Les rebelles s'emparent de localités comme Golo, au djebel Marra, où ils établissent leur quartier général, ou Tinè, à la frontière tchadienne, siège du principal sultanat zaghawa. Leur chef militaire est un homme d'expérience : en 1990, Abdallah Abakkar était l'un des commandants du raid triomphal qui, parti du Darfour, avait installé M. Idriss Deby au pouvoir à N'Djamena. Au printemps 2003, les forces gouvernementales subissent revers sur revers. L'armée fait face avec d'autant plus de mal que ses effectifs sont concentrés au sud du Soudan (4) et qu'elle enregistre un nombre significatif de désertions de soldats originaires du Darfour.

A Khartoum, le président Omar El Bechir réagit en militaire, transfère des unités du sud du Soudan et cherche à verrouiller les frontières avec les pays voisins, le Tchad et la Libye. Le colonel Mouammar Khadafi accepte d'arrêter le trafic des camions entre la Libye et le Darfour, et le président tchadien Idriss Deby coopère avec l'armée soudanaise dans la zone frontière. Mais les armes sont abondantes, les frontières du désert incontrôlables. Le 25 avril 2003, l'ALS réussit un audacieux coup de main en pénétrant dans El Fasher, la capitale du Darfour Nord ; elle prend le contrôle de l'aéroport et s'empare du général d'aviation Ibrahim Bushra (5)

A Khartoum, l'humiliation est à son comble. Le président limoge les gouverneurs du Darfour et fait arrêter de nombreux intellectuels et notables soupçonnés de sympathie pour la rébellion, à Nyala et El Fasher. Un comité de crise est constitué dont la principale décision va se révéler lourde de conséquences. Le général Osman Mohamed Kibir, nouveau gouverneur du Darfour Nord, enrôle officiellement les milices arabes, les arme et leur donne carte blanche. Les insurgés continuent à marquer des points, mais leurs villages sont désormais également attaqués.

A la fin de l'été, le président Bechir prend secrètement langue avec l'ALS, par l'intermédiaire du président tchadien. Ce dernier, d'origine zaghawa, connaît bien les rebelles et redoute que la crise n'altère son alliance avec le président Bechir. L'entremise réussit et un cessez-le-feu est conclu le 3 septembre à Abéché (Tchad). Il sera sans lendemain. Pour Khartoum, il s'agissait surtout de profiter des divergences politiques apparues au sein de la rébellion.

Un second groupe, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), multiplie en effet les actions au Darfour Nord. Présidé par le docteur Khalil Ibrahim, 44 ans, le MJE est à base zaghawa. Ancien membre du parti islamiste du docteur Hassan Al Tourabi (6), M. Ibrahim est de la famille du sultan de Tinè et a rompu avec le régime en 1999. En 2000, son groupe avait publié anonymement un Livre noir à succès, dénonçant la main mise sur l'Etat et la politique soudanaise de trois grandes tribus du nord du Soudan, Cheiquir, Djaalin et Danagla. Le MJE n'éprouve pour autant guère de sympathies pour la cause du sud du Soudan et se veut l'avocat d'un vaste Soudan central négligé, allant de la mer Rouge au Darfour.

Accusé par les autorités d'être un faux nez du docteur Tourabi (qui nie à moitié), le MJE ne fut pas invité à Abéché. Malgré le cessez-le-feu, la guerre se poursuivit donc, et ce d'autant plus que les Janjawids, écartés eux aussi de l'accord, poursuivaient leurs razzias, notamment dans la région de Zalingei, attaques de plus en plus souvent coordonnées avec l'aviation gouvernementale.

A l'expiration du cessez-le-feu, le 16 décembre 2003, la guerre reprit dans l'ensemble de la province. Ayant eu le temps de renforcer son armée, le gouvernement de Khartoum passa à l'offensive, avec de notables succès. Le chef militaire de l'ALS, M. Abdallah Abakkar, fut tué et l'armée reconquit les centres du pays zaghawa, Kulbus et Tinè, provoquant l'exode au Tchad de plusieurs dizaines de milliers de femmes et d'enfants. Même succès plus au sud, en pays masalit, et jusque dans les lointaines collines sahariennes habitées par les Meidobs. En revanche, les tentatives de l'armée d'investir le djebel Marra tournèrent court.

Proclamant sa « victoire complète », le président Omar El Bechir annonça le 9 février la « fin des opérations militaires ». Il n'en était rien. L'armée avait rétabli son contrôle sur les agglomérations, mais les combats continuaient. Les massacres de civils aussi. Ainsi, par exemple, le 27 février, dans la région de Tawila (Darfour Nord) ou, le 7 mars, dans celle de Wadi Salih (Darfour Ouest), où les Janjawids exécutèrent de sang-froid plus d'une centaine d'adultes. Les Nations unies ont également repéré au moins quatre camps de concentration de femmes et d'enfants où les conditions de vie sont effroyables. L'ALS, avec son nouveau chef militaire, M. Jibril Abelkarim Bahri, reste cependant puissante, malgré ses divisions internes : elle compterait plus de 10 000 combattants organisés.

L'espoir de parvenir à la paix dans l'interminable guerre du sud du Soudan limite les initiatives internationales au Darfour. Au Kenya, le gouvernement négocie avec l'APLS. La lenteur des discussions, engagées en octobre 2002 sous une forte pression de la diplomatie américaine, inquiète cependant (7). Le colonel Garang et le président Bechir peuvent-ils, à eux seuls, décider pour tout le Soudan ? L'insurrection du Darfour rappelle que non.

Conscient de la difficulté, M. John Garang se montre prudent. Tout en préservant les négociations en cours à Naivasha, au Kenya, il a protesté contre les ravages de l'armée et des Janjawids au Darfour et a apporté une aide militaire discrète à l'ALS. Il n'avait pu, ces derniers mois, éviter une crise de l'Alliance nationale démocratique, regroupement des opposants au régime, dont le pacte fondateur (droit à l'autodétermination pour le Sud en échange du soutien du Sud aux revendications démocratiques au Nord) s'était trouvé sérieusement écorné par le « cavalier seul » des négociations de Naivasha. Mais, le 13 février 2004, malgré les réticences de son président, M. Osman El Mirghani, le conseil de l'AND acceptait l'adhésion de l'ALS, donnant à la rébellion de l'Ouest la légitimité d'une cause nationale.

La seule offre politique du président soudanais aux insurgés darfouriens (une conférence de paix à Khartoum dirigée par un comité choisi par lui) s'apparentait, jusque-là, à une demande de reddition pure et simple. En mars 2004, à la veille du dixième anniversaire du génocide rwandais, les agences des Nations unies se résolurent à dénoncer ouvertement le « nettoyage ethnique » en cours au Darfour tandis que le secrétaire général Kofi Annan évoquait une intervention armée internationale.

Le président Bechir accepta, sous cette pression, de conclure, le 8 avril 2004, en présence d'observateurs internationaux, un nouveau cessez-le-feu de 45 jours, incluant cette fois le MJE. Mais, en l'absence d'un véritable accord politique entre la rébellion et le gouvernement et d'un désarmement effectif des milices arabes, ce troisième cessez-le-feu en six mois risque bien de n'être qu'un numéro de plus dans une longue série de faux-semblants.

Source : Le Monde Diplomatique Mai 2004

Par amoruso78
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Vendredi 30 mars 2007
Reportage de France 2 sur un repenti janjaweed docemntaire accablant : (2:20)
 
 
 
"C'est dans l'air" (France 5) : La France dans les pièges de l'Afrique : (1:05:22)
 

LCI : Un téritoire massacrée : (11:02)
 

 
Par amoruso78
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Mardi 22 mai 2007

« Darfour. Un nom qui sonne comme un aveu d'impuissance collective mâtinée de compassion ». Tels sont les mots de Bernard Kouchner, le tout nouveau ministre des affaires étrangères, en décembre 2006 pour qualifier l’échec de la communauté internationale dans le drame du Darfour, et d’appeler la France à « rompre aussi avec l'impuissance masquée de rodomontades et les atermoiements qui nous tiennent lieu de doctrine diplomatique depuis dix ans ».

L’opinion publique française commence à se mobiliser pour le Darfour et les propositions de sortie de crise fusent de toutes parts, étalant au grand jour les différences de vue entre les organisations humanitaires et l’association Urgence Darfour.

Le collectif Urgence Darfour, après avoir longtemps demandé l’intervention des Casques bleus de l’ONU, réclame depuis le mois de mars l’intervention d’une force d’interposition de l’Union européenne au Darfour.


Les ONG Médecins Sans Frontières (MSF), Action Contre la Faim (ACF), et plus récemment Médecins du Monde, mettent en garde contre toute intervention militaire, car il serait « à craindre que l’invasion de l’ouest soudanais se solde par un bain de sang qui n’épargnera pas les civils, (…) sans compter qu’une telle intervention conduira inévitablement à l’effondrement des programmes d’assistance » qui mobilisent 13 000 humanitaires, dont 1000 expatriés (500 français) et 12 000 employés soudanais. Ces avertissements doivent être pris en compte.

Pourtant, comme le souligne MSF, si « les secours remplissent leur objectif premier : fournir une assistance vitale à plus de deux millions de personnes et éviter une catastrophe », ces déplacés « sont dans une très grande précarité. Ils ne circulent en dehors des camps qu'au risque de se faire attaquer ». C’est dire les dangers auxquels sont exposés les darfouris qui ne vivent pas dans les camps, et qui meurent au rythme de 10 000 personnes par mois.

C’est le sens des propos de Bernard Kouchner qui affirmait que « les camps de réfugiés ne suffisent pas », et de souhaiter qu’ « à partir du Tchad, avec l'accord du gouvernement de N'Djamena, qu'il nous faut convaincre, des volontaires du secours (puissent) établir un corridor humanitaire sécurisé par la communauté internationale et ravitailler en vivres et en médicaments les populations isolées et terrorisées qui survivent encore. Sinon, dans quelques années, nous nous demanderons pourquoi nous n'avons pas fait assez. »

La contradiction est pourtant là : d’un coté les ONG qui refusent toute intervention militaire intempestive au Darfour, dépendantes qu’elles sont du régime de Khartoum pour mettre en œuvre leurs programmes humanitaires, indispensables à la survie de deux millions et demi de réfugiés, et de l’autre la nécessité d’agir pour porter secours aux darfouris qui meurent en silence en dehors des camps.

Pour l’association Sauver Le Darfour, il n’y a jamais rien eu à attendre ni de l’ONU, immobilisée par un double veto, chinois et russe, ni encore moins de l’Union africaine, dont le Soudan lui-même est membre.

L’intervention des 20 000 Casques bleus prévue par la résolution 1706 du 31 août 2006 du Conseil de sécurité de l’ONU serait évidemment souhaitable. Pour autant, elle reste aujourd’hui subordonnée à un très improbable accord de Khartoum, et comme le souligne MSF, à supposer qu’une telle force de l’ONU puisse se déployer, compte tenu de l’étendue du Darfour, elle pourrait difficilement empêcher les milices pro-gouvernementales d’attaquer les villages isolés.

En dépit de 11 résolutions de l’ONU votées en quatre ans, le régime de Khartoum se joue de la communauté internationale et poursuit le massacre.

Il ne faut donc pas se tromper de cible en se limitant au Darfour. Ici, c’est la dictature en poste à Khartoum qui est en cause, cette junte issue d’un coup d’Etat en 1989 et qui, avec la guerre au Sud-Soudan, a causé près de deux millions et demi de morts en dix-huit ans, soit plus encore que le régime sanguinaire cambodgien de Pol Pot. Trop c’est trop !

Pour se donner des chances de parvenir à une paix durable dans la région, c’est à une démocratisation de l’ensemble du Soudan qu’il faut œuvrer. Pour cela, une mobilisation ferme de la communauté internationale est nécessaire.

La France doit donc prendre l’initiative de réunir une conférence internationale d’Etats volontaires, afin d’envisager tous les moyens diplomatiques pour parvenir rapidement à la démocratisation du Soudan, y compris en rassurant la Chine sur ses approvisionnements en pétrole soudanais.

Le peuple soudanais aspire à la vie et à la liberté. Nous avons les moyens de l’y aider.

Michaël CHETRIT et Mahor CHICHE

* Respectivement Secrétaire national et Président de l’association Sauver Le Darfour, SLD
http://www.sauverledarfour.org


Par amoruso78
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Mercredi 18 juillet 2007

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Dernière initiative en date, la France a pu réunir une conférence internationale sur le Darfour. Pourtant, aucune avancée concrète n’est encore perceptible.

Et pour cause, cinq jours à peine après l’annonce de la tenue de la conférence par le Président français, le 7 juin dernier, la dictature soudanaise s’était empressée de feindre d’accepter ce qui constituait l’objectif même de cette conférence, à savoir le déploiement d’une force hydride de l’ONU et de l’Union africaine, neutralisant toute velléité de coercition à son encontre.

La technique est éprouvée. Depuis le début de la crise du Darfour, la junte soudanaise est passée maîtresse dans l’art d’éviter les sanctions, ce qui lui a permis de continuer de procéder aux exactions en toute impunité, avec le soutien il est vrai d’un allié de poids, la Chine.

En à peine dix ans, la Chine est devenue le premier partenaire économique du Soudan. Elle absorbe désormais 71% des exportations soudanaises, très loin devant le Japon (12%) et l’Arabie Saoudite (2.8%). Cela permet en retour au Soudan de lui acheter des armes, que l’on retrouve entre les mains des miliciens à la solde de Khartoum au Darfour, les Janjawids.

L’implantation économique de la Chine au Soudan est d’ailleurs pas fortuite. Elle est la conséquence de l’abandon du Sud-Soudan par les pays occidentaux, suite à une guerre pour le pétrole qui fait près de deux millions de morts parmi les populations chrétiennes et animistes.

On a en effet assisté au départ de l’américain Chevron suite à la mort de plusieurs de ses employés en 1984, du canadien Talisman Energy en 2002 pour mettre fin à une campagne internationale de boycottage, et du français Total, propriétaire d’une concession de 40 ans conclue en 1980 et qu’il n’a jamais pu exploiter.

Dès lors, il faut se rendre à l’évidence, nos pays démocratiques n’ont quasiment plus aucun moyen de pression économique direct sur le Soudan. D’ailleurs, toutes les ONG s’accordent pour considérer que ce n’est pas l’hypothétique déploiement d’une force hybride d’à peine 22 000 hommes dans un pays grand comme la France qui permettra l’installation d’une paix durable au Soudan.

Il ne reste donc plus qu’une voie : convaincre la Chine, qui est représentée au groupe de contact élargi sur le Darfour, d’abandonner la dictature soudanaise. La chute de la junte permettra l’organisation des premières élections libres au Soudan depuis le coup d’Etat du Front islamique national
en 1989.

Par amoruso78
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Lundi 19 novembre 2007

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Film Documentaire 2007 diffusé sur Canal PLus
Réalisateur : Anne SUNDBERG et Ricki STERN
"Darfur : the devil came on horseback"

Histoire : 

Brian Steidle, ancien capitaine des Marines a été observateur militaire non armé pour le compte de l'Union africaine au Darfour. A son arrivée en 2004, le conflit était devenu une vaste opération militaire orchestrée par le gouvernement qui visait à anéantir les tribus africaines de la région avec le soutien des djandjawids. Pendant la période qu'il a passée au Darfour, Brian Steidle a observé, tous les jours, des actes d'une brutalité extrême, qu'il a pris en photo ou filmés. Selon les estimations de l'ONU, le conflit du Darfour a causé jusqu'ici la mort de 200 000 personnes et le déplacement de 2 à 3 millions d'autres innocents...

Avis Personnel : 
Un témoignage unique, touchant, émouvant, rare et surtout l'un des rares témoins qui apportent des élements et des preuves concrètes de l'atrocité qui se déroulé au quotidien au Darfour. Un film à voir pour mieux comprendre la dimension du drame humain qui se déroule au Darfour et de l'engagement d'un homme Brian Steidle pour en témoigner. Un film qui réveille les consciences.

En Savoir Plus :
Site du film (VO)   http://www.thedevilcameonhorseback.com/
Par amoruso78
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Mardi 29 janvier 2008

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RAPPEL DES FAITS


Depuis 2003, on estime que les combats au Darfour ont entraîné la mort de plus de 90 000 personnes. Quelque 200 000 autres seraient décédées des suites indirectes du conflit et 2,3 millions sont déplacées.
La plupart des personnes chassées vivent dans plus de 65 camps répartis dans tout le Darfour.

La situation s’est détériorée en 2007. Le gouvernement soudanais continue de mener des attaques au mépris total des civils et au lieu de désarmer les milices janjawids, il leur distribue davantage d'armes et les incorpore dans des organisations paramilitaires.

Quant aux groupes d'oppositions armés, ils se sont fragmentés après les pourparlers de paix de 2006 et on estime aujourd'hui qu'il en existe plus de 50.

De plus, le Darfour est fortement touché par la prolifération des armes légères. On en trouve à profusion dans presque tous les camps, et les jeunes deviennent la principale cible de recrutement pour des groupes armés d'opposition.

LES DANGERS ENCOURUS PAR LES PERSONNES DEPLACEES

Dans de nombreuses régions du Darfour, il est très difficile de circuler sur les routes qui sont contrôlées par les différents acteurs armés. Ils installent des postes de contrôle où ils attaquent et extorquent souvent de l'argent aux voyageurs. L’aide humanitaire a ainsi des difficultés à accéder aux différents endroits où les personnes déplacées ont trouvé refuge.

Dans les camps, les femmes sont plus nombreuses que les hommes qui ont généralement été tués ou sont partis. Ce sont elles qui maintiennent la cohésion familiale mais elles sont aussi plus vulnérables. Lorsque les femmes s’aventurent à l'extérieur des camps pour aller ramasser du bois ou se rendre au marché, elles sont souvent victimes d’attaques et de viols par les différents acteurs armés.

Les enfants vivent une situation tout aussi précaire. Sur les quatre millions de personnes touchées par le conflit, 1,8 million ont moins de dix-huit ans et environ un million sont déplacés. Il arrive que les jeunes forment des groupes d’autodéfense armés ce qui entraînent de nombreux incidents entre les différentes ethnies. Certains, en proie à la colère et à la frustration, rejoignent les groupes armés.

Les personnes déplacées sont aussi confrontées aux réinstallations et retours forcés. Même s’il est important de veiller à empêcher la surpopulation des camps, les autorités ne doivent en aucune circonstance transférer par la force les personnes qui y vivent pour les renvoyer dans leur lieu d’origine.
Le conflit continue de sévir au Darfour. Les retours forcés ne feront qu’exposer les personnes visées à de nouveaux dangers et à les éloigner des organisations humanitaires. 


www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/actions_en_cours/soudan_darfour/actions_soudan_darfour/les_deplaces_du_darfour_la_generation_de_la_colere
Amnesty international

Avis personnel 

Dans nos sociétés modernes où l'information chasse l'information à vitesse grand V, je crois qu'il est vital d'affirmer son engagement dans le temps et de ne pas oublier les causes pour lesquelles on s'est mobilisé en 2007. Alors n'oublions pas les déplacés du Darfour, victimes une nouvelle fois de l'oubli de la communauté internationale plus soucieuse des effets d'annonces tonitruants que du suivi des résultats concrets sur le terrain ou de la révolution des moines en Birmanie tombée aux oubliettes et l'abandon à son triste sort du Prix Nobel de la Paix 1991 Aung San Suu Kyi assignée à résidence depuis de bien trop longues années. 

Je pourrais aussi vous parler du Tibet où devrais je dire du peuple Tibétain, victime de longue date de la REAL POLITIC des  Pays Occidentaux plus soucieux des intérêts économiques et commerciaux que du développement des droits humains en Chine. Et là je ne vous parle pas du combat non-violent du Dalai Lama (Prix Nobel de la Paix 1989) pour la reconnaissance de l'identité culturelle Tibétaine victime de longue date de la communauté internationale plus soucieuse de ne pas froiser le mastodon Chinois exception faite de la courageuse chancelière Allemande Angela Merckel qui eut le courage de le recevoir le 23-09-2007 à Berlin.

Cette liste non exhaustive des conlits oubliés, des prisonniers politiques, des journalistes emprisonnés ou tués et tant d'autres maux et viscitudes qui frappent notre monde ne doivent pas nous faire oublier que les choses peuvent changer à condition de mettre l'homme et les droits humains universels au centre de tous les enjeux et non de la recherche systématique du profit.

Guillaume SERVOS

Par amoruso78
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Mardi 4 mars 2008

Famille de réfugiés dans le camp de Goz Amer, est du Tchad


Depuis 2007, le conflit au Darfour s’est aggravé : la force de l’Union africaine a été incapable de se défendre,

« Nous avons perdu nos maris, nos villages et nos familles et nous ne pouvons même pas nous rendre en ville ni ramasser du bois en sécurité ; cela dure depuis quatre ans
Quatre ans que les femmes, comme celle-ci qui vit dans le camp d’Al Daein, au sud de la province, vivent dans l’angoisse à chaque sortie pour se rendre au marché en ville ou pour aller chercher de l’eau, ou du bois, de plus en plus loin.
Avec à chaque pas, tous les jours, le risque d’être attaquées, violées.
Par ceux-là mêmes qui ont l’obligation de les protéger : des soldats gouvernementaux, des policiers. Par les miliciens arabes Janjawids, qui mettent en œuvre une véritable stratégie : chaque viol rappelle aux femmes qu'elles ne sont en sécurité qu'à l'intérieur des camps car la terre appartient aux Janjawids.
Par les miliciens des mouvements d’opposition au gouvernement.
Par des hommes, à l’intérieur même du camp.
Ici et là, les troupes de l’Union africaine escortaient les femmes lors de leurs déplacements : récemment, ces «patrouilles du bois» ont pratiquement cessé.
Quant aux hommes qui se risquent à sortir pour les corvées, ils sont soit battus, soit tués. 

Les femmes ont renoncé à demander justice et à porter plainte, en raison de l’impunité de fait dont jouissent militaires et policiers. Violées, elles préfèrent se taire pour ne pas entacher leur réputation (par le passé, des femmes qui avaient dénoncé un viol ont été arrêtées pour adultère), ou pour les plus jeunes, ne pas compromettre leur mariage.
Même silence de la part des très jeunes filles victimes de sévices, de relations forcées, avortant en cachette, qui parviennent à travailler dur en ville pour gagner un peu d’argent pour la famille restée au camp.

« Nous sommes sorties du camp en mai l'été dernier [2007].
On était cinq amies de treize à seize ans, et nous sommes allées ramasser du bois.(…)
L'homme a commencé à arracher ma tawb [tunique] alors que j'étais par terre, je l'ai repoussé et il est tombé.
Je me suis relevée et j'ai pris une grosse pierre pour le frapper mais un autre m'a attrapée solidement par derrière et il m'a fait retomber.
Les deux hommes m'ont arraché les vêtements et ils m'ont violée jusqu'à ce que je perde connaissance.
Quand je suis revenue à moi, j'étais nue et j'avais le corps recouvert d'urine. (…)
Maintenant, je vais bien et je suis mariée, mais je n'oublierai jamais ce qui s'est passé
»
Amina.

Avis personnel :

Le Darfour n'est déjà plus à la mode et les atrocités continuent dans une relative impunité et un total anonymat. En France, le pouvoir d'achat truste la une des médias alors que le Darfour souffre en silence. Vive la société de consommation ...

En savoir plus :

Extrait d' Amnesty International "Au Darfour, les femmes ne sont même pas en sécurité dans les camps de déplacés" http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/campagnes/femmes/agir/au_darfour_les_femmes_ne_sont_meme_pas_en_securite_dans_les_camps_de_deplaces

Par amoruso78
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Phrase du Jour

"Usez de votre liberté pour promouvoir la notre" Aung San Suu Kyi Prix Nobel de la Paix 1991

 

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