Prix Nobel de la Paix en 1991, la présidente de la Ligue Nationale pour la Démocratie en Birmanie, Aung San Suu Kyi, est toujours privée de liberté.
En mai 2006, la junte militaire avait promis sa libération, qu’elle lui a ensuite, nié, reportant sa promesse à 2007.
Il est peu vraisemblable que les Généraux tiennent leur engagement.
Son petit corps frêle cache une violente détermination. Aung San Suu Kyi, 62 ans, a passé en détention 12 des 17 dernières années. Depuis mai 2003, elle est à nouveau assignée à résidence. La junte militaire gouvernant le pays a en effet décidé la prolongation de sa détention dans le cadre de la loi « anti-subversion », alors même qu’elle n’a jamais été condamnée par un tribunal !
Parce qu’elle refuse de laisser son pays, sachant que sa présence évite à la Birmanie de sombrer dans l’oubli, Aung San Suu Kyi est, depuis plusieurs années, privée de téléphone et son courrier ne lui parvient pas toujours ; elle ne reçoit que très peu de visites, essentiellement de son médecin et de la personne qui l’approvisionne en nourriture.
Privée de liberté, isolée, elle dut endurer une cruauté ultime infligée par les Généraux : savoir son mari s’éteindre d’un cancer, à Oxford, sans pouvoir lui adresser un mot.
Son mari qui savait que son combat était plus fort qu’elle l’a épousée en sachant qu’il risquait de la perdre un jour.
Depuis 1991, date de sa victoire aux élections législatives, Aung San Suu Kyi est devenue l’ennemi public numéro un des autorités dictatoriales au pouvoir en Birmanie.
Elle n’a d’ailleurs jamais accédé à la fonction de Premier ministre, qui lui revenait pourtant de droit après que son parti, le LDN ayant remporté les seules élections démocratiques avec 80% des voix .
Aung San Suu Kyi est soutenue par de nombreuses associations internationales qui tentent de faire pression sur le gouvernement. Récemment, l’Assemblée Générale des Nations Unies a rejeté une résolution demandant plus de démocratie, malgré les pressions des USA.
De toutes les façons la junte militaire de s’asseoir sur les règles du jeu démocratique.
La Birmanie est aujourd’hui une des pires dictatures au monde.
Les rapports sur les exactions commises par la junte au pouvoir en Birmanie se succèdent. Une opposition brimée, des milliers de prisonniers politiques et des dizaines d’élus du LND emprisonnés, torturés, meurent en prison depuis dix ans, quand ils ne prennent pas la route de l’exil. Une gestion économique irrationnelle qui a conduit ce pays riche en ressources naturelles au rang des plus pauvres d’Asie. Des revenus détournés par le pouvoir, couplés à ceux du narcotrafic, qui servent à financer le conflit que livre Rangoon aux minorités ethniques dans l’est (Karen, Kanchi et Shan) depuis des dizaines d’années : certaines ONG évoquent l’usage d’armes chimiques, d’autres des tueries et des viols contre les populations Karenni. Des affrontements qui ont provoqué des milliers de morts, des exodes massifs de population (150 000 birmans sont réfugiés dans la Thaïlande voisine) et une dégradation de la situation humanitaire : la mortalité infantile serait de 7% et l’espérance de vie de 56 ans, considérablement réduite par la présence de maladies (malaria, sida, typhoïde) et le manque d’infrastructures sanitaires.
Fortes du soutien diplomatique de la Chine et de la Thaïlande, avec qui elles entretiennent des relations économiques étroites, les autorités de Rangoon s’en lavent les mains. Lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU, grâce à l’impulsion de l’ancien président tchèque Vaclav Havel et de l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, plaçait la question birmane à son ordre du jour permanent (en septembre dernier), la junte répondait en jetant en prison six démocrates.
Il y a environ trois mois, l’Organisation internationale du travail (OIT) déclarait vouloir saisir l’ONU et la Cour pénale internationale pour le manque de volonté de Rangoon à combattre le travail forcé. On ignore encore par qu’elle mesure cynique le régime va répliquer.
Parce qu’il est important de nous rappeler que certains êtres sont des héros silencieux, qu’ils portent en eux ce que l’humain a de meilleur, nous voulons que personne n’oublie le combat d’Aung San Suu Kyi pour la libération de son pays du joug de la dictature.
Signez la pétition pour la libération d' Aung San Suu Kyi içi
En savoir plus :
Info - Birmanie est une association loi 1901 à but non lucratif, née de la volonté de responsables associatifs et de citoyens soucieux de promouvoir le respect des droits de l’Homme et d’apporter aide et soutien aux peuples opprimés de Birmanie. Son objectif principal est de diffuser des informations sur la situation politique, économique et sociale de la Birmanie. (Avis personnel : très bien fait et très informatif)
http://www.asskforfreedom.org/index.php Site à découvrir de toute urgence pour mieux comprendre ce qui se passe dans ce fabuleux pays : la Birmanie gouverné par un junte de narco-militaire.
Le monde diplomatique "Sur fond de rivalités des généraux : mutation de la dictature Birmane" découvrez l'article complet içi
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" Mieux informés sur les conséquences du soutien moral et financier à cette narco-dictature illégitime, les touristes français réfléchiraient à deux fois avant de partir en Birmanie , " espère Aurélie Zammarchi, responsable tourisme au sein d'Info Birmanie. Crée en 1996, cette association a pour vocation de diffuser des informations relatives à la situation politique et humanitaire en Birmanie et de faire connaître au public la réalité des atteintes aux droits humains perpétrées dans ce pays. Après avoir lancé des campagnes sur la présence de Total
Dès 1990 ( année de l'annulation des élections démocratiques en Birmanie), la junte militaire a fait du développement touristique l'une de ses priorités économiques, pour plusieurs raisons: améliorer l'image du pays, permettre à la Birmanie d'entrer sur la scène économique internationale, attirer les investisseurs étrangers, mais aussi blanchir l'argent de la drogue. La construction de vastes complexes hôteliers (500 000 chambres disponibles), en un temps record, a été faite par des millions de Birmans, tous âges et sexe confondus, obligés de travailler dans des conditions d'esclavage. En 1998, une commission d'enquête de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) a constaté que le recours au travail forcé par la junte militaire était généralisé et systématique. Depuis, les représentants des Nations-Unies (et notamment le président de la Commission des droits de l'homme) se sont vus interdire l'octroi de visas pour se rendre dans le pays. " Cette politique d'ouverture au tourisme s'est rapidement concrétisée par l'expulsion manu militari des populations habitant près des sites touristiques et par l'utilisation du travail forcé pour la rénovation des monuments, la construction des routes et des hôtels", témoigne Farid Ghehioueche.
En novembre 1996, la junte a officiellement ouvert le pays au tourisme en lançant la campagne de promotion " Visit Myanmar Year ". 311 000 touristes ont été recensés en 2002 et, sur les deux premiers mois de l'année 2003, les chiffres s'élèvent à 70 000. Avec une obligation à l'entrée : échanger au minimum 300 dollars contre une " monnaie de singe " locale, procédé mis en place par la junte pour blanchir l'argent de la drogue. Actuellement, 90 offres de tours opérateurs sont proposées aux touristes. " Les gens choisissant cette destination pensent trouver un pays intact, emprunt de spiritualité, explique Aurélie Zammarchi. Ce sont des gens aisés, appartenant aux catégories sociales supérieures mais qui, paradoxalement, ne sont pas informés sur la situation politique du pays. Les voyagistes, dont certains sont par ailleurs spécialisés uniquement sur la Birmanie, évitent d'aborder le sujet ". Les touristes continuent donc à ignorer que 3 millions de Birmans, vivant à proximité de leurs lieux de cultes, ont été déplacés pour permettre aux autorités d'aseptiser des zones entières, désormais réservées au tourisme. " En avril 1990, les 5200 habitants de Pagan (ville où sont situés de nombreux sites archéologiques et spirituels) furent obligés de déménager à une trentaine de kilomètres de la ville, dans une zone aride et dépourvue d'équipements élémentaires, précise Farid Ghehioueche. Aujourd'hui , Pagan est devenue une ville fantôme hyper protégée ". Les circuits montés par les tour opérators évitent soigneusement les zones qui pourraient ternir l'image sereine qu'ils vendent à leurs clients. " Tout a été pensé pour que les touristes ne rencontrent pas la population non plus, précise Aurélie Zammarchi. La junte interdit aux Birmans tout contact avec les touristes, qui eux-mêmes, sont obligés de traverser la pays par avion...Tout est fait pour cacher la réalité dans certaines zones stratégiques de guérillas et de travail forcé ".
Plus qu'ailleurs, les impacts sociaux et environnementaux du tourisme dans une dictature sont multiples. Le lac Inle, site où vivaient des communautés de pêcheurs, a par exemple été " nettoyé " pour construire une sorte de " village témoin artificiel ". Outre le déplacement des communautés locales, cette opération a eu pour conséquence de détruire l'éco-système et de rendre inexploitable le lac par la population... La tradition des " femmes girafes " (coutume qui consiste à enserrer le cou des femmes dès l'enfance dans des anneaux) a été réhabilitée pour les touristes, en Birmanie et en Thaïlande, où les réfugiées birmanes ne sont tolérées qu'en raison de l'important flux touristique qu'elles apportent.
Si Info Birmanie regrette que les touristes, même informés, choisissent cette destination, elle n'appelle pas pour autant au boycott. Cette pratique reste anglo-saxonne - Lonely Planet a cessé de publier des guides sur la Birmanie, par exemple-. L'ONG cherche plutôt, en France, à responsabiliser les touristes. " Nos contacts avec le syndicat national des voyagistes n'ont jamais abouti à quoi que ce soit, explique Aurélie Zammarchi. Et même si certains grands groupes reconnaissent que la situation n'est pas normale et ne s'y implantent pas, ils refusent de communiquer sur le sujet ". La campagne, intitulée " Birmanie : et si on voyageait intelligent ? " vise en premier lieu les agences signataires de la Charte éthique du voyageur, afin qu'elles retirent de leur catalogue les offres sur la Birmanie, destination qu'elles vendent en outre à perte....
Le 23 février, cela fesait 5 ans qu'Ingrid Betancourt etait privée arbitrairement de liberté, otage d'un conflit interne qui ensanglante la Colombie depuis un demi-siècle.
La Birmanie est le pays qui compte le plus d'enfants soldats au monde. En 2002 on estimait à près de 70 000 enfants sur 350 000 soldats que comptent l'armée Birmane, soit 20 % des soldats.
Le 2 mai, le cyclone
Nargis a dévasté une partie du Myanmar
Rappel des faits :